La Plateforme RH

Bénévoles et salariés : comment trouver le bon équilibre ?

Cet article a été rédigé par Marion Montessuy, fondatrice de MMC².

Depuis la loi du 1er juillet 1901, permettant d’agir ensemble de manière bénévole au service d’un projet commun, le monde associatif a profondément évolué. Aujourd’hui, les associations font face à des contraintes juridiques et financières de plus en plus fortes. Elles doivent gérer des dossiers plus techniques et s’appuyer sur des compétences professionnelles.

Pour répondre à ces enjeux, de nombreuses structures recrutent désormais des salariés. Les associations représentent aujourd’hui plus de deux millions de salariés, soit près de 10 % de l’emploi privé. Mais travailler dans une association n’est pas toujours un long fleuve tranquille.

Une organisation spécifique aux associations

Les dispositifs de contrats aidés, le service civique et les subventions ponctuelles ont facilité les recrutements dans le secteur associatif. Toutefois, certaines associations embauchent sans anticiper les impacts organisationnels et humains.

Dans certains cas, les responsables confient des missions floues aux salariés. Ils assimilent parfois l’engagement professionnel à de la disponibilité permanente. L’ emploi jeune est ainsi devenu corvéable au nom du militantisme. Le salarié en CAE doit comprendre seul le fonctionnement de l’association. Comme Maeva, secrétaire du club, qui a dû rester disponible à toute heure lorsque des administrateurs passaient sans prévenir.

Ces situations créent rapidement des incompréhensions, des tensions et parfois des dérives. Les salariés subissent alors des dépassements d’horaires, une surcharge de travail, un flou sur leurs missions, ainsi que des difficultés liées au contrat de travail ou à la gestion de la paie.

Les statuts et le règlement intérieur organisent le fonctionnement d’une association. Le conseil d’administration, composé de bénévoles élus, définit les grandes orientations. Les salariés mettent ensuite en œuvre ces décisions sur le terrain.

Même si le droit du travail s’applique pleinement au secteur associatif, la relation entre bénévoles et salariés reste spécifique. Les salariés participent souvent à des réunions en soirée ou le week-end. Ils évoluent dans un environnement où l’engagement personnel occupe une place importante. Ils doivent parfois gérer des consignes multiples, émanant à la fois de la direction et de certains administrateurs impliqués dans l’opérationnel.

Clarifier les rôles et construire la complémentarité

Le contexte associatif favorise parfois une confusion entre investissement professionnel et engagement bénévole. Le salarié reste tenu par un contrat de travail, tandis que le bénévole agit par choix personnel.

Habitués à ne pas compter leur temps, certains bénévoles peinent à comprendre que les salariés ne puissent pas être présents à toutes les réunions. D’autres ont du mal à accepter qu’un salarié ne soit pas immédiatement disponible, même sans rendez-vous préalable.

Les missions évoluent, les priorités changent, mais les fiches de poste restent souvent inexistantes ou obsolètes. Cette absence de cadre formel fragilise autant les salariés que les bénévoles.

Il est essentiel de concilier la convivialité des événements associatifs avec le respect d’un cadre de travail clair. L’association doit organiser les interventions des bénévoles sans perturber l’activité des salariés et mettre en place des règles pour éviter les sollicitations inadaptées dans un contexte professionnel.

Par exemple, faut-il vraiment que Mohamed, animateur, soit présent le samedi simplement pour ouvrir la porte d’une activité ? Un bénévole ne pourrait-il pas récupérer la clé en amont ? Le président doit-il répondre aux adhérents sur les questions d’accueil alors que Valérie est présente chaque jour au secrétariat ?

Autant de situations qui montrent la nécessité de réfléchir en amont aux rôles de chacun, aux limites liées au contrat de travail et à la meilleure articulation entre salariés et bénévoles.

Dans le secteur associatif, les salariés s’investissent souvent bien au-delà du strict cadre contractuel. Clarifier les missions, définir les responsabilités et poser un cadre de fonctionnement permet à chacun de trouver sa place et d’agir en complémentarité dans l’intérêt du projet associatif.

Une organisation claire facilite l’engagement, renforce la motivation et ouvre, tôt ou tard, la question essentielle de la reconnaissance et de la valorisation du travail accompli.


L’autrice : Marion Montessuy, fondatrice de MMC²

Plusieurs années de direction associative, des compétences dans le domaine de l’écoute et de la gestion du stress, me permettent de vous proposer un accompagnement basé sur ma connaissance de l’humain et des enjeux du secteur.

Associations et fédérations, j’utilise des méthodes d’animation ludiques et dynamiques associant toutes les parties prenantes (salariés, administrateurs, bénévoles), pour installer un changement pérenne dans les processus de décisions, réduire ainsi le turn-over et les tensions, dépasser les dysfonctionnements, repenser votre gouvernance et votre projet associatif.

Individuels, formée à l’écoute active et coach professionnelle certifiée, je vous accompagne pour toute problématique de vie personnelle ou questionnement professionnel, jusqu’au plan d’action, en utilisant l’humour pour dédramatiser, prendre du recul et sourire au changement.

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